IDÉOLOGIE ET NICHE INSTITUTIONNELLE DE L’ÉTAT VIRTUEL

– Dis-moi, l’Américain, où est la force ? Dans l’argent ? Mon frère le croit aussi. Toi, t’as beaucoup d’argent, et alors ? Moi, je pense que la force c’est la vérité. Celui qui a la vérité, est plus fort. Toi, par exemple, t’as trompé quelqu’un et t’as fait fortune. T’es donc devenu plus fort ? Non. Parce que t’as pas la vérité derrière toi. Et celui que t’as trompé, il a la vérité, il est donc plus fort.

Le monologue de Danila Bagrov, filme Frère 2.

Préambule

L’État Virtuel (la Communauté) est basé sur le droit d’auteur de diffuser une œuvre à toutes conditions raisonnables. Des systèmes pareils existent déjà sous la forme des communautés de Logiciels Ouverts et Libres. Ils sont souvent accusés d’avoir essayé de construire le communisme. En effet, les connaissances et l’information sont indivisibles. Si l’on les partageait entre les gens, le nombre de connaissances et d’information resterait le même. À chaque division, l’utilité des connaissances et de l’information augmente, et dans un contexte de disponibilité des connaissances et de l’information, nous pouvons atteindre l’effet maximal. Je crois que l’obtention de l’effet maximal des connaissances et de l’information peut être appelée le communisme.

La société contemporaine se reproduit à travers le contrôle de la disponibilité de l’information et des connaissances. Pouvons-nous, grâce aux technologies de Logiciels Ouverts et Libres, surmonter ce contrôle et atteindre le communisme ? Sous la forme actuelle – non.

Je vais essayer de vous en convaincre en m’appuyant sur trois exemples que je connais. Le premier exemple est l’histoire de la vie d’un auteur russe qui a créé un produit logiciel libre très populaire. D’après lui, sa vie est un vrai enfer. Il passe tout son temps à corriger les erreurs, développer le produit, communiquer avec les utilisateurs, en faisant de vaines promesses à sa femme de gagner un jour de l’argent avec son produit. Mais pour le moment il n’y arrive pas. Le code de son produit est ouvert et il n’existe aucun mécanisme pour protéger les intérêts de l’auteur. Êtes-vous d’accord pour dire qu’il n’y aurait pas beaucoup d’auteurs prêts à se sacrifier comme lui ? Le deuxième exemple que je connais est le framework visuel. Les auteurs ont procédé de la manière suivante. Ils ont divisé leur produit en deux parties. La première partie est Libre, et l’autre, avec laquelle ils gagnent de l’argent, est commerciale. Ainsi, la condition obligatoire de l’existence de la partie Libre du logiciel est l’existence de la partie commerciale. Il est claire que cette condition ne permettra jamais d’atteindre le communisme. Le dernier exemple est analogique au précédent. C’est un exemple d’un moyen de développement ouvert, financé par une grande corporation commerciale, dont le revenu provient des produits fermés.

Pour atteindre le communisme, on a besoin de la reproduction économique d’un nouveau type de relations. Les classiques les appelaient socialistes. Dans ce type de relations, le principe proclamé « de chacun selon ses moyens, à chacun selon son travail » sera respecté.

Compte tenu d’une histoire embrouillée du socialisme et du communisme, on va essayer de la comprendre et, comme on dit, de séparer le bon grain de l’ivraie.

Il y a quelques jours j’ai lu le texte sur l’erreur de Marx, dont les dispositions je vais vous présenter ci-après.

Marx a élaboré la théorie de la succession des formations sociales, qui est classifiée de la manière suivante : communisme primitif, esclavagisme, féodalisme, capitalisme, socialisme, communisme. Passionné par l’essor du mouvement ouvrier au milieu du XIX siècle, Marx croyait que le passage du capitalisme au communisme se réaliserait sous la forme d’insurrection et prise du pouvoir par le prolétariat, classe opprimée sous le capitalisme. Cette disposition de Marx, correspond-elle à la théorie de la succession des formations sociales ? Non, évidemment. La classe opprimée, générée par la formation ancienne, est inévitablement le porteur de tous ses stéréotypes. C’est pourquoi la classe opprimée ne lutte pas pour de nouveaux rapports de production, mais pour la redistribution du revenu social à son profit, dans le cadre de la formation politique ancienne. Ce n’était nullement les classes opprimées sous le féodalisme qui ont assuré le passage du féodalisme au capitalisme, mais la bourgeoisie, une nouvelle classe étrangère au féodalisme. La nouvelle classe bourgeoise a émergé dans le cadre de la formation féodale ancienne, et s’est progressivement développée malgré la résistance de la classe féodale dominante, grâce à la meilleure efficacité des nouvelles relations entre bourgeois, par rapport à celles de la féodalité.

Ainsi, le marxisme a initialement commis une erreur et possédait une immense potentiel de destruction sous forme de propagande de révolution et, après, de la dictature du prolétariat. Certains théoriciens du marxisme trouvent la preuve que le marxisme a initialement été un projet politique, financé par les banquiers européens et américains dans le but de détruire l’Empire russe. De manière ou d’autre, c’est un fait bien connu qu’afin de mettre en œuvre la révolution, les bolcheviks ont eu un financement provenant de l’Allemagne du Kaiser.

L’erreur non corrigée dans une idéologie la rend morte. Chaque nouvelle génération de membres du Parti voit son invulnérabilitégrandir de plus en plus, et  à la fin, le populiste Eltsine obtient le droit de détruire ce système, qui avait l’air d’être indestructible, comme un château de cartes.

Cependant, la soif de justice du peuple de l’Union Soviétique était sincère, et ses progrès étaient impressionnants. On peut citer l’expulsion des militaires étrangers dans le cadre de la guerre civile. Ils étaient originaires de l’Allemagne, Autriche-Hongrie, Grande-Bretagne, États-Unis, Empire Ottoman, France, Italie, Grèce, Roumanie, Pologne, Canada, Australie, Japon. Parmi d’autre progrès sont aussi les suivants : la journée de travail de 8 heures (le tyran Staline proposait de la réduire jusqu’à 6 heures), l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les différentes races et nationalités, le système d’enseignement de bonne qualité, l’industrialisation du pays, l’apport décisif du pays dans la victoire  lors de la Seconde Guerre mondiale, le premier vol humain dans l’espace, les premiers vols sur la Lune, les technologies spatiales et militaires reconnues dans le monde entier. Et ce qui est le plus important, c’est qu’une nouvelle nation soviétique a été créée. Elle se souvient des progrès de l’URSS, le rôle que la nation soviétique jouait dans le monde. Elle croit toujours au triomphe de la justice. La chute de l’URSS a brutalement frappé la nation, mais elle continue d’exister comme porteur des valeurs fondamentales, sans lesquelles les progrès du peuple soviétique auraient été impossibles.

Je suis certain que ce sont les gens ordinaires qui sont porteurs de ces valeurs, et aussi tous ceux qui ont été montés au sommet de la société postsoviétique, de Poutine à Khodorkovski et Kolomoïsky. Et le jour où les crimes commis par certains représentants de cette élite seront punis, je ne pense pas que  le mot « trahison »soit à la dernière place dans leur conscience. La trahison des idéaux dont ils étaient les servants. On l’a tous dans la mémoire : Je prête le serment solennel, devant mes camarades, d’aimer ardemment ma patrie soviétique… C’est drôle, n’est-ce pas ? Est-ce possible ? Je propose, afin de le comprendre, d’étudier les événements de l’année dernière, et après cela je proposerai les voies possibles du développement de la Communauté.

Impressions sur l’année 2014

L’année dernière m’a beaucoup surpris. Tout a commencé par les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi. J’ai d’un coup découvert qu’il n’existait pas de médias de masse occidentaux indépendants et objectifs. Les médias de masse occidentaux ont littéralement rivalisé pour émettre des publications et informations non vérifiées, ayant pour seul but de décrier les JO à Sotchi. Les événements ultérieurs survenus en Ukraine n’ont que confirmé mon opinion concernant les médias occidentaux. J’ai été surpris qu’on ait supprimé la vidéo sur YouTube contenant l’enregistrement d’une conversation entre les infirmiers prêtant secours à des blessés à Maïdan. Il en résultait que les représentants du Secteur droit, qui devaient normalement être en tête, savaient qu’il y aurait un massacre et ont quitté d’avance les positions des rebelles. Puis, le 2 mai il y a eu les événements d’Odessa, où, selon des sources non officielles, on a tué et brûlé environ 200 personnes, sous les applaudissements de la partie pro-européenne de l’Ukraine. Après cela, il est devenu évident que les nazis ukrainiens ne sont pas qu’une figure de style pour désigner les gens qui vénèrent Bandera. Ce sont de vrais fascistes dont on peut attendre toutes les cruautés.

Comment cela est devenu possible dans un pays européen civilisé, qui a survécu les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, où il semblait, il y a encore 23 ans, que le fascisme n’était en aucun cas possible ? La partie pro-européenne de l’Ukraine a obtenu le droit d’usurper le pouvoir dans les villes. Ce droit a été défendu par l’UE et les États-Unis. Mais si un groupe de population obtient le droit d’usurper le pouvoir, alors un autre groupe de population, dans notre cas c’est le groupe pro-russe, aura le même droit. Que fait dans cette situation la partie pro-européenne de l’Ukraine ? Une fois obtenu le contrôle des structures de force, avec l’accord tacite des États-Unis et de l’UE, elle proclame que la partie pro-russe sont desmonstres, vatniks (patriotes débiles) et esclaves, qui ne méritent que la mort, n’importe quelle mort! Elle leur crie : « Valise ! Gare ! Russie ! » Mais écoutez, Messieurs, si vous aviez fait votre choix et aviez quitté le pays, vous auriez le droit de crier des choses pareilles à vos opposants. Mais là, je suis pas du tout d’accord ! La seule liberté que les Ukrainiens ont obtenue à la suite de la révolution, c’est celle de se tuer les uns les autres. Quand la partie pro-occidentale de la population ukrainienne pensait qu’elle était seule à avoir cette liberté, elle était en pleine euphorie. La conséquence est la tragédie du 2 mai à Odessa. Actuellement, les insurgés du Donbass ont calmé l’euphorie de la partie occidentale de l’Ukraine par leurs succès militaires, mais l’UE et les États-Unis sont encore intervenus ayant appliqué des sanctions économiques contre la Russie, afin d’inciter leurs protégés à continuer leur jeu préféré, celle de tuer leurs opposants, mais cette fois-ci c’était calme, sans bruit. Pour pousser l’UE à appliquer les sanctions contre la Russie, les États-Unis ont organisé la provocation avec le Boeing-777, mais j’en parlerai plus tard.

Ensuite, il a eu lieu le massacre à Marioupole, où les gens voulaient arrêter à mains nues les véhicules blindés, en s’adressant à la conscience des soldats, en leur rappelant leur serment militaire qui les obligeait de protéger le peuple. Puis, on a eu des informations de Sloviansk où l’artillerie ukrainienne a commencé à tirer régulièrement sur les quartiers peuplés de civils. L’hypothèse est née que tout cela se faisait conformément aux instructions des Américains qui  visaient à retourner la population contre les insurgés. Google a étonné ayant supprimé l’infobulle pour le tag SaveDonbassPeople. Nous la retrouvons actuellement, mais au début, quand la recherche avec ce tag était particulièrement importante, l’infobulle était inactivée. Ensuite, il y a eu l’histoire sur la façon de couvrir des événements en Suisse. Elle est très courte et mérite d’être entièrement citée :

Une Suisse calme et tranquille. Au bureau d’une organisation financière.

Un matin avec une tasse de café, on diffuse à la télé, allumée en fond sonore, les actualités sur l’Ukraine. Le correspondant d’une chaîne européen interviewe une femme dont la famille a été victime dubombardement. La femme se lamente : « Mais qu’est-ce qui se passe ! Comment est-ce que c’est possible que notre propre armée bombarde et tire sur nous comme sur les ennemis ! » La voix hors-champ : « Poutine nous a chassés de nos maisons, il détruit notre pays et tue nos garçons ! Sauvez-nous de Poutine !…. »

Une ressortissant de Riga est indignée:

– Mais c’est pas vrai ! Elle parle absolument d’autre chose !

– Comment peux-tu le savoir ? – demande avec irritation son chef.

– Tout simplement je comprend ce qu’elle dit…

Une pause suivie d’une phrase du chef… (Êtes-vous prêt ?)

–  Tu peux pas la comprendre puisque tu viens deLettonie…

C’est tout, la discussion est close…

Et après cela les politiciens occidentaux osent parler de la propagande des médias de masse russes et s’indigner qu’ils ne peuvent rien y opposer ? Mais oui, c’est très difficile à faire quand les médias de masse russes se fondent sur la vérité, et ceux de l’Occident mentent.

Ensuite, l’Ukraine en mettant en œuvre l’opération planifiée aux État-Unis, a abattu le Boeing-777. Aujourd’hui, sans aucuns résultats de l’enquête « indépendante » menée aux Pays-Bas, qui devrait plutôt s’appeler  une opération visée à cacher les preuves, on a recueilli les faits qui prouvaient ma version. Je n’ai pas l’objectif de les énumérer tous, mais je vais vous parler des plus étourdissantes et irréfutables. L’attaque de tous les médias de masse occidentaux, qui accusaient les insurgés d’avoir abattu le Boeing, a également été étourdissante et m’a fait une impression ineffaçable.

Quand j’ai vu les images du lieu du crash du Boeing-777, j’ai prêté l’attention sur  l’affectation des corps. À cette époque, depuis un certain temps, jour après jour, j’avais l’occasion d’observer les résultats des attaques de l’armée ukrainienne sur le Donbass, les corps des vieux, femmes et enfants. C’est pourquoi cela m’a sauté aux yeux que les corps, sur le lieu de la tragédie du Boeing, avaient l’air d’être en porcelaine. Quelque temps après, les gens qui travaillaient sur le lieu du crash ont communiqué qu’apparemment depuis le décollage l’avion abattu était bourré de corps de gens habillés négligemment et entassés dans l’avion. La chaîne de télévision russe Perviy Kanal a osé le raconter. La réaction indignée immédiate des parents hollandais des victimes de la catastrophe, désapprouvant cette version tellement sacrilège, diffusée par les médias de masse russes, me l’a oublier. Mais le 30 août j’ai vu la vidéo enregistrée par Aliona Kotchkina avec une femme témoin de la catastrophe, qui est arrivée 20 minutes après le crash de l’avion, et elle parle de ce qu’elle a vu et senti. Je vous préviens que le lien vers cette vidéo que j’ai vu le 30 août, n’est plus actif. Pour trouver le lien ci-dessus indiqué, j’ai dû utiliser la recherche avec les mots clés suivants: Авторская съёмка Алёны Кочкиной. На фотографиях с места крушения малазийского Боинга 777 видны обломки частей сбитого самолета, а также, вызывающие ужас, изуродованные тела пассажиров Je les indique pour le cas où mon lien sera de nouveau inactif.

Donc, cette femme témoin raconte que les corps sentaient le formol de manière très forte, qu’il n’y avait pas de sang sur les cadavres, elle comparait les corps des gens avec ceux des oiseaux morts à cause de ce crash, et les oiseaux, ils avaient du sang. Elle dit que presque tous les corps étaient réunis en un tas, qu’elle n’a pas vue un seul cadavre occidental, mais d’après la liste des passagers, le nombre d’hollandais s’élevait à 68%. Tous les cadavres étaient asiatiques, toutes les valises étaient remplies de vêtements d’hiver et il n’y avait pas ceux d’été ; normalement le nombre d’enfants était de 80, mais la femme n’en a vu que 6 ou 7 ; que les portables trouvés ne contenaient que des photos datées de l’année 2013, il n’y avait pas une seule photo datée de 2014 ; seules 20 personnes avaient des habits, tous les autres corps étaient sans vêtements, les corps n’avaient pas une seule trace de vêtement, comme par exemple celle de l’élastique des sous-vêtements.

Il en résulte que les personnes inscrites sur la liste de passagers de l’avion immatriculé 9M-MRD sont probablement toujours vivants, sinon il est difficile d’expliquer pourquoi cet avion était bourré de cadavres venus d’on ne sait où. Quelles sont maintenant les relations entre les pays et les personnes déclarées officiellement mortes ? C’est une question bien intéressante. Je rappelle que parmi ces pays il y a les Pays-Bas qui mènent l’enquête « indépendante » sur le crash du Boeing au-dessus de l’Ukraine, et qui n’ont toujours pas publié le décryptage des boites noires.

Depuis le début du conflit en Ukraine, je croyais naïvement que l’Union européenne gardait une position neutre et je cherchais des signes de son changement sur Euronews. De rares reportages sur les bombardements des quartiers civils étaient illustrés par des maisons détruites, mais sans cadavres, sans interviews avec les habitants de ces maisons détruites, sans cris et larmes des femmes aux funérailles. La médiatisation, par exemple, du conflit israélo-palestinien déclenché en même temps, était comme celle du conflit au Donbass, que nous avons pu observé grâce aux reportages des chaînes de télévision russes. Il y a quelque temps il me semblait que Euronews avait une position très confortable. L’UE a reconnu la révolution ukrainienne et pouvait diffuser officiellement n’importe quelles mensonges des médias de masse ukrainiens, en faisant le silence sur la position des républiques non reconnues. Mais j’ai arrêté de regarder Euronews après l’annonce du bombardement par les insurgés d’un bus avec des civils. Les journalistes ont pris la position officielle du représentant de l’Ukraine, mais ont ajouté que le représentant des insurgés le niait disant qu’ils n’avaient pas de moyens nécessaires. Cette présentation n’avait pas l’air d’être une simple rediffusion des mensonges des médias de masse ukrainiens, on y voyait un effort créateur à travers l’allusion nette à la position des insurgés, concernant l’accusation d’avoir abattu le Boeing avec un système sol-air Bouk. En tout cas, je pense que Euronews était au courant que les insurgés n’allaient pas tirer sur leurs proches, et les fusillades pareilles et les provocations étaient le trait caractéristique des fascistes ukrainiens.

Après, il y a eu le reportage de la chaîne de télévision russe Perviy Kanal sur l’exécution d’un garçon, après lequel la chaîne a été accusée d’avoir falsifié les faits. Maintenant j’ai précisé que le reportage a été diffusé le 12 juillet, et le crash du Boeing-777 au-dessus de l’Ukraine a eu lieu le 16 juillet. Cela veut dire que le reportage a été diffusé avant le crash du Boeing, et pas après. Cela veut-il dire que j’ai menti en écrivant le mot « après » ? La réponse « oui » serait trop brutale. Je sais pertinemment que je me suis trompé. En résulte-t-il que tout ce que j’ai écrit est du mensonge ? Non. Probablement, la femme qui a donné l’interview à Perviy Kanal n’est pas le témoin de l’exécution, et certaines divergences dans son récit le prouvent, mais cela ne veut pas dire qu’elle a menti. Quelque temps après, j’ai lu l’interview d’une jeune femme sniper avec l’indicatif « Groza », se battant aux côtés des insurgés. Voici l’extrait de cet interview :

– Est-ce que c’est vrai qu’à Kramatorsk on a crucifié un enfant devant les yeux de sa mère, puisqu’après cette nouvellesensationnelle les médias ukrainiens ont affirmé que tout cela n’était que du mensonge et de la propagande ?

– Oui, c’est vrai. Ils ont vengé  le père insurgé de cet enfant. Ce sont la belle-fille et le petit-enfant d’une de mes connaissances, une femme âgée.

En prévision de la rencontre du Groupe des vingt en Australie, la chaîne de télévision russe Perviy Kanal a fait une autre sensation, ayant fait un sujet sur la photo du lancement de la fusée d’un avion de chasse ukrainien sur le Boeing-777. La joie que le monde allait enfin apprendre la vérité a très vite été remplacée par la déception, quand le lendemain le post d’Ilya Varlamov est paru à la tête des blogs russes, sur lequel il accusait Perviy Kanal d’une nouvelle falsification. Le lendemain on a vu l’article qui accusait Ilya Varlamov d’avoir falsifié les faits. Mais le coup a déjà été fait. La nouvelle sur la photo du lancement de la fusée d’un avion de chasse ukrainien sur le Boeing-777 a déjà été trop médiatisée, et elle n’a pas fait sensation comme Perviy Kanal l’aurait voulu.

Le dernier événement qui m’a impressionné et influencé sur mes conclusions, c’était la crise financière qui s’est déclenchée en Russie à la fin de l’année. Le taux de change de l’euro vers le soir du 18 décembre a dépassé 100 roubles, et par conséquent, à l’issue d’une réunion de nuit la banque centrale de Russie a hissé le taux de refinancement jusqu’à 17%.

Je vais tirer des conclusions de ce que j’ai vu et senti au cours de l’année dernière.

Conclusions

La première chose qui paraît, c’est le besoin de créer un institut social supranational pour régler les problèmes de l’éthique journalistique. Il pourrait être fondé par les universités qui s’occupent de la formation de journalistes. L’institut doit être indépendant financièrement, exister, par exemple, grâce à un petit impôt perçu des médias de masse, et être indépendant des politiques des pays. Sa fonction principale devrait être l’octroi des licences aux journalistes et l’attribution de points de pénalité aux blogueurs populaires. La blogosphère est comparable, au moins en Russie, aux médias de masse, mais un blogueur a le droit de poster n’importe quel mensonge, s’il n’est pas contraire à la loi. Les commentaires d’autres blogueurs sont peu importants pour lui, mais il devrait répondre aux questions de la commission pour l’éthique journalistique (Perviy Kanal doit aussi répondre à la question s’ils savaient que la fameuse photo était fausse). Si on établit un fait de falsification, des points de pénalité seraient attribués à ce blogueur dans une échelle de falsification.

Afin de mener des enquêtes dans divers pays, avec différentes situations politiques, les membres de cet institut devrait bénéficier de l’immunité similaire à celle des diplomates. Ils devraient également avoir le droit de poser des questions à tout agent de l’autorité publique de tout pays, auxquelles ce dernier serait obligé de répondre. Si lors d’une enquête un crime contre l’humanité se révèle, les pièces du dossier seraient déposées au tribunal international. La sentence devrait être obligatoire pour tous les pays. Ainsi, les provocations comme celle avec le Boeing-777 abattu au-dessus de l’Ukraine deviendraient impossibles. Le droit de tuer les gens sans forme de procès, établi en Ukraine et soutenu par les États-Unis et l’UE serait impossible.

J’attire votre attention sur le fait que, quoique les pouvoirs de l’institut conçu soient très larges, celui-ci ne serait pas un gouvernement international, puisqu’il ne déterminerait pas la politique des pays.

Pendant que j’ai écrit ce texte, le 7 janvier à Paris, des inconnus ont attaqué l’hebdomadaire Charlie Hebdo, ayant assassiné 12 personnes, dont deux policiers. Des milliers de français sont descendus dans les rues des villes de France, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat et exprimer leur protestation.

En ce qui concerne les caricatures publiées par Charlie Hebdo, et que les principaux médias de masse aux États-Unis ont refusé de publier, je peux en dire une chose. La liberté d’expression ne veut pas dire la liberté d’insulte. On peut toujours dire la vérité sans insulter personne. C’est pourquoi l’institut social pour l’éthique journalistique doit résoudre les problèmes de l’admissible en collaboration avec les différentes confessions religieuses. Je crois qu’on peut trouver un compromis par la voie de l’avertissement concernant les propos contre la religion. Ce serait la même chose pour les articles qui contreviennent aux lois. Ainsi, la liberté d’expression de serait pas violée. Les publications devraient être vendues dans des sachets opaques, pour que seuls ceux qui veulent voir le contenu puissent le faire.

La guerre qui fait des victimes humaines, c’est absolument une autre histoire. Là, les insultes et la guerre informationnelle sont ses petites conséquences. Éviter une guerre réelle serait certainement l’objectif primordial de l’institut social conçu. À cet effet, je vais citer l’opinion du politologue russe Alexey Martynov. Il rappelle que le terrorisme islamique est concentré dans les mains du pays qui a les services secrets les plus importants au monde, les États-Unis. Les États-Unis essaient d’organiser, avec enthousiasme et une obstination imperturbable, un blocus économique contre l’immense Russie. Ils ont organisé un blocus économique contre l’Iran, alors que l’EIIL, déclaré formellement ennemi, continue de vendre du pétrole en toute tranquillité. C’est pourquoi il est fort probable que c’est aux États-Unis qu’il faut rechercher les auteurs de l’attentat à Paris. Les caricatures des terroristes islamiques ne veulent rien dire, ce n’est qu’un leurre pour détourner l’attention du public des objectifs réels de l’attentat : utiliser l’Europe comme monnaie d’échange pour les intérêts américains.

À mon avis, l’attentat à Paris est un nouveau Boeing-777, sauf que cette fois-ci il n’est pas abattu au-dessus de l’Ukraine. Les services secrets américains vont abattre les boeings au-dessus de la France jusqu’à ce qu’ils atteignent leurs buts. J’en juge vu les actions du Secteur droit en Ukraine l’année dernière. À partir de l’assassinat des gens à Maïdan, il a tiré dans deux sens en réchauffant la situation. Il a tiré jusqu’à ce qu’une vraie guerre éclate.

La manipulation de la conscience publique est une arme forte des services secrets, et j’ai bien peur que sans un institut international indépendant ayant de larges pouvoirs d’enquêtes, on ne puisse pas leur arracher cette arme, ni dévoiler les vrais objectifs de l’attentat contre la rédaction de l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

Après ce passage consacré à l’attentat à Paris, je retourne à ma narration principale.

L’institut social pour l’éthique journalistique est considéré par moi comme un groupe de la Communauté. L’économie de la Communauté est une économie des connaissances, c’est pourquoi une autre fonction de l’institut décrit devrait être l’élaboration des programmes de formation qui serait du ressort de l’institut, ainsi que l’organisation de la formation  par Internet.

Aujourd’hui les médias de masse sont la source principale des connaissances et de l’information. Les liens sont librement accessibles, sans aucun engagement financier. Parfois les programmes commerciaux à succès sont entièrement basés sur le contenu accessible sur l’Internet. La Communauté est incitée à arrêter cette pratique. Je crois que les règles de ces engagements financiers seraient établies d’une manière empirique. De nouveaux flous financiers permettront de créer de nouveaux espaces informationnels. Actuellement, les nouveaux espaces informationnels sont obligés de chercher des sponsors pour pouvoir exister. L’espace informationnel le plus connu est Wikipédia.

Service Différentiant

À mon avis, le Service Différentiant devrait être la base de la nouvelle économie. La méthode du service proposé est largement utilisée par des entreprises commerciales afin d’augmenter leurs chiffres d’affaires. Il consiste en système des réductions pour personnes à faibles revenus. Il est à noter que dans la théorie économique contemporaine, cette méthode est appelée « discrimination de prix ». Le mot « discrimination » comporte une nuance politique évidente, bien que la théorie économique contemporaine prétende être éthiquement neutre. Alors, qui est discriminé par cette méthode ? Elle offre des réductions aux pauvres, et par conséquent, les riches sont discriminés. Le nom de cette méthode est aussi contraire à l’éthique. Ainsi, la théorie économique contemporaine n’est pas du tout éthiquement neutre.  On va parler de ses particularités un peu plus bas, dans le contexte de la crise financière déclenchée en Russie à la fin de l’année 2014.

Je suppose que le fonctionnement du Service Différentiant devrait être organisé de la manière suivante. Ceux qui veulent bénéficier de ses services doivent fournir leurs données personnelles, les données sur leur statut social et les revenus perçus, en signant avec le Service un accord autorisant la vérification des données fournies. Le Service-même est obligé de conserver en secret les données fournies. Grâce à cela, les utilisateurs du Service pourront bénéficier des réductions sur des biens et services. Après cela, il sera très simple d’organiser les avis payants, que les utilisateurs distribueront comme évaluation de tel ou tel contenu et qui ne seront pas trop lourd financièrement pour les gens à faibles revenus. Ainsi, pour les organisateurs des espaces de vente, les consommateurs seront divisés en deux catégories : consommateurs enregistrés à faibles revenus et consommateurs non enregistrés à revenus plus élevés. Cela servira de signe aux espaces de ventes pour augmenter le prix de base (aujourd’hui les prix de base des biens et services communs sont calculés pour des revenus relativement faibles de la plupart des consommateurs), et par conséquent cela finira par être intéressant, pour les consommateurs à revenus de plus en plus élevés, de s’enregistrer sur le Service.

Il est évident que le Service conçu est entièrement basé, d’une part, sur l’envie des entreprises d’augmenter leurs revenus, le cœur du capitalisme, et d’autre part, il mène, dans une certaine mesure, à la suppression de l’argent, puisque grâce à son travail le montant du revenu devient peu important, tout le monde recevant les mêmes biens et services. Je suppose que le fonctionnement du Service mènera à l’égalisation des revenus dans le monde et l’augmentation du niveau d’intellectualité de l’argent. Le niveau d’intellectualité de l’argent est un indice théorique, ayant sa valeur minimale quand tout l’argent est concentré dans les mains d’une seule personne. Il lui est difficile de résoudre le problème de sa distribution, étudier des millions de projets, et l’argent perd sa force productive. Cela rend le Service Différentiant plus avantageux que l’idée de financement des projets internet par voie de perception des impôts sur le trafic Internet, puisqu’après la perception des impôts il y a toujours le problème de leur distribution intellectuelle.

Droit international

Je ne suis pas spécialiste en droit international, mais j’ai du mal à imaginer qu’on puisse établir en droit international la légalité du coup d’État anticonstitutionnel. Par conséquent, après cela, du point de vue du droit international, il y a une forte incertitude. Mais je suppose qu’on peut construire une logique raisonnable. Après le renversement du pouvoir central et la liquidation de l’état, le pouvoir passe aux autorités locales. Hélas, nous ne sommes pas capables de prévenir la prise du pouvoir sur places, puisque son renversement se produit de la même manière que celui du pouvoir central, c’est-à-dire d’une manière illégitime. Ensuite, un nouveau pouvoir central et un nouvel état se créent suite aux négociations entre les autorités locales, mais ce faisant les autorités locales n’ont pas le droit de mener des négociations avec d’autres région et prendre des décisions indépendantes. C’est une manière correcte de résoudre le problème de coup d’État. La résolution incorrecte c’est quand une des régions se proclame centrale et établit son pouvoir par voie d’une guerre civile. Quel scénario ont soutenu les États-Unis et l’UE l’année dernière dans le cas de l’Ukraine ? Oui, ils ont soutenu celui de la guerre civile.

Il résulte de tout cela, que la déclaration des politiciens occidentaux que la Russie a violé les normes du droit international ayant annexé la Crimée, n’est plus qu’une spéculation dans la guerre informationnelle déclenchée par les États-Unis et l’UE contre la Russie. À son tour, la déclaration de la Russie qu’elle soutient l’intégralité territoriale de l’Ukraine est également une spéculation, qui n’a aucun rapport au droit international. Dans ce contexte, je crois que la Communauté a besoin d’un groupe d’experts indépendants en droit international qui établirait des avis ouverts et mènerait une politique de changement du droit international dans le sens de prévention de guerres locales et globales.

Le groupe de droit international pourrait être constitué avec les universités où il est étudié, et financé avec le même argent provenant d’un petit impôt perçu des médias de masse, comme dans le cas du groupe de l’éthique journalistique. C’est normal parce que les activités du groupe seraient la source d’information pour les médias de masse. En plus, il élaborerait le programme de formation unique en droit international en différentes langues et organiserait la formation.

Théorie économique et crise financière en Russie à la fin de l’année 2014

D’abord on va faire une transformation théorique, c’est-à-dire prendre toute la masse d’argent, pour unité, et n’importe quelle quantité d’argent sera mesurée en proportion de toute la masse d’argent. Dans ce système on peut imaginer que l’argent est un liquide incompressible et l’observer couler dans le système capitaliste contemporain. Qu’est-ce qu’on va voir ? On va voir deux cœurs qui pompent ce liquide. Le premier cœur est le système fiscal. En percevant l’argent, il continue de le pomper plus loin à travers de gros vaisseaux publics : système de santé publique, système de retraite, culture, science, enseignement et défense. L’autre cœur est la Banque centrale. Par l’intermédiaire de l’impôt d’émission, il continue de pomper l’argent plus loin à travers les banques commerciales. Les actions des autres mécanismes de la Banque centrale, évolution du taux de refinancement et du montant des réserves bancaires, peuvent être considérées comme l’évolution de la taille du cœur géré par la Banque centrale par rapport au cœur géré par le système fiscal. Lors du développement du système vasculaire, le nombre de vaisseaux augmente, le réseau des capillaires s’élargit, et les prix, mesurés en proportion de toute la masse d’argent, vont forcément baisser. On peut voir que le cœur géré par la Banque centrale est facilement transmissible dans celui du système fiscale, en faisant de l’impôt d’émission une variante du système fiscal et en les réunissant dans un centre unique de gestion du système économique. On peut également voir dans ce modèle que la Banque centrale et le système fiscal sont deux organes du système capitalise contemporain, et sa viabilité dépend de son fonctionnement. À propos, je pense que ce modèle montre également qu’on peut construire un système monétaire basé sur l’or, qui soit aussi effectif que celui basé sur le dollar. Maintenant on va voir comment ils ont été construits pour la Russie par les instituts américains qui, après l’effondrement de l’URSS, ont écrit les lois pour elle.

On va voir le classement de la charge fiscale selon le magazine Forbes, 2009.

On voit qu’en Russie l’impôt est l’un des plus bas au monde, plus bas qu’aux États-Unis, beaucoup plus bas qu’à New-York, c’est-à-dire on mène une politique hyperlibérale qui est évitée par les pouvoirs des États-Unis. Mais le plus important ce n’est pas que l’inspection fiscale russe soit un institut libéral. En comparaison, actuellement les États-Unis promeuvent dans le monde Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA), c’est une loi selon laquelle les banques étrangères rendent compte devant le service fiscal des États-Unis. Alors que, le service fiscal russe ne peut pas le faire même dans les banques russes. Il en est hors de question concernant les banques étrangères. Ainsi, la kleptocratie russe est autorisée à dévaster le pays autant que la conscience le permet.

Cette politique, quand le libéralisme propagandé n’est pas réalisé par le propagandiste-même, je l’appelle l’exportation du libéralisme. L’exportation d’un faux libéralisme. L’objectif de cette politique est d’affaiblir le pays victime. La kleptocratie est la conséquence de l’idée fausse qu’il existe une liberté sans responsabilité. La liberté d’insulter sans conséquences. Je rappelle encore une fois que les principaux médias de masse aux États-Unis ont fait front commun et ont refusé de publier les caricatures de Charlie Hebdo. Le président américain Barack Obama a laissé aux leaders européens l’occasion de défiler coude à coude avec l’assassin ukrainien Petro Porochenko, lors de la marche organisée à Paris le 11 janvier 2015. Les habitants du sud-est de l’Ukraine, Donbass, RPD et RPL, Nouvelle Russie, Odessa, Lougansk, Donetsk, Sloviansk, Marioupole, Kharkiv, Dnipropetrovsk, Zaporijia, en regardant cette marche, se posent la question : la liberté européenne, égalité et fraternité de tuer d’autres personnes qui ne souhaitent pas soutenir ce choix européen, n’est-ce pas le fascisme ? N’était-ce pas le fascisme prêché par les européens durant des siècles et puis attrapé par les américains ? Et la défense de la liberté d’expression après la couverture par les médias de masse européens des événements en Ukraine et l’entente européenne pour dissimuler les résultats de l’enquête sur le crash du Boeing-777, n’est-ce pas le comble de l’hypocrisie et le défi au bon sens ? J’espère qu’en réalisant tout cela, beaucoup de français n’ont  pas participé à la marche du 11 janvier 2015 qu’en signe d’hommage aux victimes de l’attentat et d’inadmissibilité du déclenchement d’une guerre interconfessionnelle.

Comme je l’ai déjà écrit, la théorie économique contemporaine prétend être une science éthiquement neutre. Cela veut dire qu’elle ne fixe pas d’objectifs normatifs. Mais en lisant, par exemple, les articles de l’observateur économique Novaïa gazeta (un journal pseudo-libéral russe), on verra toujours des objectifs normatifs : on a besoin de ça, on n’a pas besoin de ça. D’où viennent-ils ? C’est que tout modèle économique est accompagné par beaucoup d’efforts. Dans le cadre de l’idéologie prêchée par Novaïa gazeta il existe la croyance que telles ou telles conditions sont absolument respectées, et de là naissent des conseils sur quoi et comment faut-il faire. Ainsi, la condition obligatoire de l’application des modèles économiques est l’existence d’une idéologie, au sein de laquelle naît le risque que le modèle ne fonctionne que de telle ou telle manière. Et disons qu’un modèle contraire, où naissent des objectifs normatifs contraires, n’a rien à voir avec la situation et elle est tout à fait ridicule et fausse.

Il est à noter que conformément au point 2 de l’article 13 de la Constitution de 1993, la Russie ne peut pas avoir sa propre idéologie. Que font, dans ces conditions, la Banque centrale et le gouvernement russe ? Oui, ils embauchent des experts américains prêts à assumer les risques du modèle. D’ici la question : quelle idéologie partagent les experts américains embauchés ? L’hypothèse est que c’est l’idéologie de la monnaie de réserve internationale (l’exportation de l’inflation), pour laquelle en 1913 la Réserve fédérale des États-Unis a été créée. L’idéologie, dans les conditions de deux guerres mondiales du XX siècle, s’est révélée être un véritable succès. Depuis plus de 100 ans de son développement, la Réserve fédérale des États-Unis a créé un réseau de bureau et instituts d’experts qui travaillent pour elle, donnent des consultations aux divers gouvernements du monde et leur imposent leur politique. Si un pays refuse une consultation, un coup d’État s’y organise. Il est nécessaire de protéger soigneusement le droit d’imprimer la monnaie universelle.

Allons vérifier notre hypothèse. À cet effet comparons les indicateurs monétaires en roubles dans l’économie russe avec ceux en dollar. Au 01.12.2014 la masse monétaire s’élève à 30 625,6 milliards de roubles. La dette extérieure de la Fédération de Russie au 01.07.2014 est de 731 204 millions de dollars américains. Au taux de change officiel établi le 11.01.2015 par la Banque centrale russe, 1 dollar = 56,2376 roubles, cela fait 41 121 milliards de roubles. Ainsi, le dollar se valorise plus que le rouble. Je pense que toute partie importante de la masse de dollars dans l’économie russe serait la preuve de la mise en œuvre des intérêts de la Réserve fédérale des États-Unis, d’autant plus sa majeure partie. Je me sens, d’une certaine manière, un idiot qui prouve que l’huile est de la graisse. Mais peut-il en être autrement si le dollar américain est la monnaie de réserve internationale ?

Alors, que possède la Russie vers la fin de 2014, à la suite de l’absence de politique économique nationale ? Les fonds, acquis grâce aux crédits en dollars pas chers, ont tellement perdu, à cause de la chute du rouble et l’augmentation du taux de refinancement, qu’aujourd’hui leur valeur est plusieurs fois moins chère que celle des crédits octroyés, et il n’est absolument pas possible de rembourser ces crédits. Il faut rembourser les crédits en dollars, mais à cause d’un taux de change très bas ils deviennent très chers en roubles. Les investissements sont suspendus à cause d’un taux d’intérêt très élevé. Les frontières pour la fuite des capitaux sont grandes ouvertes. Théoriquement, le défaut de paiement et la faillite du système financier devraient avoir lieu dans le pays.

Le monde contemporain me semble pareil à  celui du moyen âge, avec le centre de gestion à situé au Vatican. Sauf qu’à la tête du monde contemporain se trouve la Réserve fédérale des États-Unis. À travers ses universités elle diffuse sa doctrine economics (aux universités russes ce nom est remplacé par « théorie économique »), qui fait allusions à la vérité, mais, sans clés remises par la Réserve fédérale des États-Unis, elle est close pour les profanes. Avec l’éthique protestante qui est seule étudiée aux universités, à travers l’œuvre de Max Weber « L’Esprit du capitalisme », selon laquelle le salut est en lien direct de la richesse monétaire, à la sortie des universités nous avons les gens prêts à devenir à tout moment adeptes de la Réserve fédérale des États-Unis et poser la question sacramentelle : comment est-ce que cela peut être autrement, si le dollar américain est la monnaie de réserve internationale ?

L’autre jour dans un forum, une blague est née : il existe des sciences naturelles, des sciences non-naturelles, et aussi des sciences contre nature. La dernière remarque se réfère, sans aucun doute, à economics qui sont basés sur la méthodologie positive qui nie l’approche normative. Le caractère utopique de l’approche positive aux sciences humaines et sociales est très bien observé dans la vie courante. Imaginez que les hommes et les femmes arrêtent de se dire quoi faire (la pratique normale est l’approche normative), mais agissent selon « les lois de la nature » (cela est notre approche positive imaginaire). Il n’y aurait plus entre eux de différends, conflits et, le paradis sur Terre, ce serait possible ! Dommage qu’avant cela, on devrait faire une lobotomie aux hommes et femmes, et les transformer en êtres asexués gérés par quelqu’un d’autre, puisque ils n’auraient plus d’intellect.

J’ai fait cette conclusion suite aux discussions menées depuis des années avec ma femme. Je m’en souviens avec quelle ardeur je lui expliquais comment on peut faire telles ou telles choses d’une manière logique et correcte. On pourrait croire que je lui ai tout expliqué, raconté et éclairci. Tout devrait être claire ! Mais le lendemain, elle faisait tout à sa manière, selon ses propres principes que j’ignorais. Je comprends maintenant que tout ce que j’ai essayé de faire passé pour de l’objectivité (rappelez-vous la fameuse logique masculine), n’était rien que mon point de vue. Les economics contemporains est, donc, aussi une tentative d’établir, d’une manière pseudo-scientifique, la conception du monde des commerçants et capitalistes, comme la seule possible.

Alors, comment unir l’approche normative et la vérité scientifique indépendante de l’éthique ? À mon avis, c’est évident. La recherche de la vérité est la seule norme sur laquelle est basée la science. L’essentiel de la vérité et de la connaissance acquise consiste en ce qu’elles mènent à l’amélioration de laviabilité du système, à l’augmentation de son efficacité. Mais pas comme en Russie, quand les « connaissances » achetées et offertes mènent à une catastrophe. C’est pourquoi la proclamation, pour les sciences humaines et sociales, de l’objectif du passage de la société à un état plus efficace devient une norme éthique naturelle de n’importe quelle science.

Je suppose qu’il faut attendre le développement ultérieur de la théorie économique sur le principe décrit, au sein duquel nous inclurons les formations sociales, la théorie de leur succession, et l’éthique de différents groupes et classes sociales. Tout sera prise en considération. La théorie économique devrait devenir de nouveau économie politique au lieu des economics, ayant uni la description du capitalisme et les economics, et ayant corrigé l’erreur du marxisme.

Ensuite je cite de petites remarques concernant l’histoire, puisque l’année dernière, j’ai compris beaucoup de choses. Cela concerne surtout l’époque stalinienne, les sciences naturelles et la religion que comme éléments de la conception du monde. L’histoire est suivie de la partie finale.

Histoire

Je crois que dans l’histoire, à la différence de la théorie économique, il y a un écart dans l’autre sens, puisque chaque histoire est nationale. À chaque nouveau pouvoir, l’histoire se réécrit. L’histoire, comme aucune autre science, exige la création d’un fond indépendant supranational qui financerait l’élaboration de l’histoire unique, disponible sur toutes les langues du monde et ayant une autorité reconnue. À mon avis, les travaux de ce fond seraient parmi les plus demandés. Je suis sûr qu’ils bouleverseront toutes nos idées de l’histoire. La source de financement de ce fond est toujours le même impôt perçu des médias de masse.

Science naturelle

Ainsi, l’essentiel de l’État Virtuel commence à prendre forme : par le caractère supranational des organismes d’information et de la connaissance. Dont les systèmes judiciaire et d’enquêtes, et, en anticipant un peu, la police comme feront partie de ces systèmes.

Je n’ai pas abordé les sciences naturelles. Leur production exige des fonds de base considérables qui soient contrôlés par des structures formées, disons, par l’éthique de la lutte pour les ressources. La partie fondamentale des sciences naturelles est traditionnellement ouverte, mais la partie appliquée est en général close. La situation ressemble à la scène que j’ai vu l’autre jour dans le filme Total Recall : Mémoires programmées. Là, le protagoniste travaille dans une usine qui fabrique des robots-policiers, qui à son tour le font travailler dans cette usine. C’est pareil avec les naturalistes. Depuis des siècles ils assurent le progrès tout au long de l’histoire, et créent des technologies qui, après, sont utilisées pour la création des armes utilisées aussi pour les faire travailler.

Je suppose qu’en cas de refus par les états de l’éthique de la lutte pour les ressources et de passage à l’éthique des sciences naturelles, la situation va radicalement changer.

Religion

Entre l’éthique religieuse et l’éthique scientifique il y a aucune contradiction. Toute croyance peut être considérée, du point de vue scientifique, comme une hypothèse. L’affirmation que ces hypothèses sont invérifiables, ce n’est également qu’une hypothèse. Le but chrétien, le salut, coïncide avec le but scientifique – la survie de l’humanité. D’autre part, aucune religion n’interdit pas de  révéler les faits et régularités. Dans le monde, où de fausses valeurs sont diffusées on doit avoir des instituts qui protègent les idéaux moraux.

Fin de l’Histoire

Dans le système social, basé sur l’éthique de la lutte pour les ressources, il y a une rétroaction positive très désagréable, qui dévore ses ressources et la rend très instable. Son plus haut degré se traduit dans les guerres qui se déclenchent dans le système. L’année dernière a été marquée par ce qu’on a facilement tracé dans notre imagination le scénario d’une Troisième Guerre mondiale, lequel, on dirait, est en train de se réaliser sous nos yeux…

En commençant à écrire ce texte, je ne m’attendais pas du tout que je tirerais la conclusion suivante. C’est pourquoi les propositions ne sont pas très cohérentes. Pourtant je suppose que la logique générale peut être observée, et elle mène inévitablement à la conclusion suivante. Imaginons une société basée sur l’éthique scientifique. Le but de cette société est la survie à travers la recherche des vérités. La police attraperait des criminels éventuels. La société n’aura pas besoin d’autres structures de force. Pour atteindre ce but il faut supprimer toutes les armées du monde, tous les blocs militaires, et former la milice supranationale (internationale). Pourquoi la milice, et pas la police ? Je suis convaincu que la milice défend le peuple, et la police défend le pouvoir. Il est évident que son rôle consisterait à capturer des criminels et les remettre à l’enquête internationale. Il est évident que de grosses ressources, utilisées dans la production militaire et l’entretien de l’armée, seraient économisées.

Cela ressemble beaucoup au plan de création de la police international proposé par Roosevelt. Si Roosevelt n’était pas mort, et son plan avait été réalisé, il n’y aurait pas eu de  la guerre froide, et aujourd’hui nous habiterions un monde tout à fait différend.

Le pas suivant devrait être la suppression de tous les services secrets et l’organisation de l’accès public à tous les documents classifiés.

Pour réaliser tous ces pas, il faut que parmi les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU, les forces, qui soutiennent le plan proposé, arrivent au pouvoir. À mon avis, la Russie et la Chine sont déjà prêtes à la supporter. Mon optimisme ne voit aucun obstacle pour que ceux, qui le supportent, gagnent aussi les prochaines élections en Angleterre, France et États-Unis. Pour les gens qui déclenchent maintenant la guerre et commettent des crimes, quel que soit le poste qu’ils occupent et quel que soit le pays, cela ne vaudrait dire qu’une chose : ils seront soumis à la juridiction du Tribunal international. Je me rends compte que la société avec un institut pareil et la société sans celui-ci sont deux mondes différends. Les crimes commis ne sont déjà pas évitables, mais c’est bien possible pour les futurs crimes.

Ici, vous pourriez avoir des doutes quant à la mise en œuvre du plan proposé. Permettez-moi de vous parler d’une autre découverte que j’ai faite l’année dernière lors d’une conversation avec mes compatriotes toqués du Maïdan. Quand on leur parle au niveau des faits, leur jeu, qui commence par les mots reconnaissables « tu sais, tout n’est pas claire », et qui se termine, au bout de la fin, par une crise de nerfs de leur part, devient éternel. C’est complètement différent quand on commence à construire une logique à un niveau plus élevé, celui des valeurs. La conversation se termine vite en faveur des valeurs incontestables. Dans ce texte, je peux me tromper sur certains faits, on peut également s’accrocher à mon interprétation de ces faits, quelqu’un ne va pas aimer ma façon d’exposer, avec des fautes, mais il est impossible d’opposer quelque chose aux valeurs, vérité et vie humaine mises au premier plan.

Le 27 décembre 2014 à 5 février 2015

Edward N.Potapoff

P.S.

Dans le texte j’utilise les mots « américains » et « européens » comme quelque chose d’unique et monolithe. Mais je comprends que les américains et européens ne sont pas homogènes. Mes accusations ne se réfèrent pas aux gens, mais au système. J’utilise aussi le mot « fascisme » dont j’ai une définition très courte. Le fascisme est un moyen de déshumanisation des gens, après l’application duquel on peut les tuer comme des animaux, sans éprouver la moindre pitié pour eux. Pour moi les fascistes ne sont pas que ceux qui tuent directement les sans-défense, mais aussi ceux qui les supportent et ceux qui n’ont rien contre le fascisme.

#Neo-Communism